Les 9 doctorants de la 2e cohorte du programme doctoral européen EDENE ont soutenu leur thèse

Par Gilles Carbou, Elisabeth Tinseau - Centre des Etudes Doctorales - EDENE

Après trois années d’un travail de recherche exigeant et passionnant, les neuf doctorants de la deuxième promotion du programme doctoral européen EDENE ont soutenu leur thèse avec succès entre septembre 2025 et février 2026.

Encadrés par leurs directeurs et co-directeurs de thèse, ils se sont pleinement investis dans des projets scientifiques ambitieux, contribuant à faire avancer la recherche dans les domaines de l’énergie et de l’environnement. À travers des approches interdisciplinaires, leurs travaux apportent des réponses concrètes aux grands défis sociétaux et ouvrent la voie à de nouvelles perspectives d’innovation.

Les jeunes docteurs seront mis à l’honneur lors de la cérémonie de remise des diplômes, le 19 juin 2026 à l’UPPA. Ils participeront également à l’événement de clôture du programme EDENE, organisé la veille, le 18 juin 2026.

La science se raconte aussi en images

Pour valoriser leurs recherches autrement, le duo de dessinateurs Plop & Kankr (Julie Besombes et Simon Baert) a une nouvelle fois collaboré avec l’UPPA. Leur mission : donner vie aux travaux des doctorants à travers des illustrations originales, mêlant dessin de presse et bande dessinée. Une façon créative et accessible de partager la science avec le plus grand nombre !

Les doctorants et leurs contributions

Hamza Ayaz

 (Sciences de l’Ingénieur, LATEP). Sous la direction de Jean-Pierre Bedecarrats et José Lara Cruz, « Stability investigation on phase change materials for industrial latent heat thermal energy storage ».

Ce travail vise à améliorer l’évaluation de la stabilité à long terme des matériaux à changement de phase (PCM) pour le stockage thermique latent, une technologie clé pour accélérer le déploiement des énergies renouvelables et renforcer l’efficacité énergétique. Un cadre expérimental complet est proposé, combinant des cycles thermiques accélérés, des contraintes thermiques et des essais de corrosion. Trois PCM représentatifs ont été étudiés : l’acide caprique (organique), le chlorure de calcium hexahydraté (inorganique) et un mélange eutectique binaire de 1-octadécanol et d’acide palmitique (organique). Les résultats montrent que la pureté, la teneur en oxygène, la taille d’échantillon et la compatibilité des matériaux influencent fortement la dégradation et la corrosion. Ces travaux fournissent des recommandations pour des essais de stabilité plus fiables à long terme.

Béatrice Galliano

(Chimie des polymères, IPREM), sous la direction de Christine Lartigau-Dagron et Antoine Bousquet, « Py-Conjugated Janus Materials for Solar Energy Conversion (Py-JAMA) ».

Ce travail propose de nouvelles approches basées sur des semi-conducteurs organiques sous forme de nanoparticules dispersées dans l’eau, ce qui permet d’éviter l’utilisation de solvants toxiques. Préparées par miniémulsion ou nanoprécipitation, ces nanoparticules sont appliquées à la production d’hydrogène et au développement de cellules photovoltaïques organiques. L’optimisation des tensioactifs, notamment le SDS, ainsi que des paramètres de formulation, a permis d’atteindre une production d’hydrogène de 110 mmol·g⁻¹·h⁻¹. Intégrées dans des systèmes photovoltaïques organiques (OPV), ces nanoparticules ont permis d’obtenir des rendements supérieurs à 10 %.

Jawad Rabbi

(Sciences de l’Ingénieur, LATEP), sous la direction de Jean-Pierre Bedecarrats et  José Luiz Lara Cruz , « Prediction of Supercooling in Latent Thermal Energy Storage Systems: Coupling Experimental and Statistical Approaches ».

Ses travaux portent sur la surfusion dans les systèmes de stockage thermique latent utilisant des matériaux à changement de phase, en prenant l’eau comme matériau modèle. L’étude analyse l’influence de l’augmentation du volume, de la rugosité de surface et de la vitesse de refroidissement. Les résultats montrent que l’augmentation du volume et de la rugosité de surface réduisent significativement la surfusion. Un modèle statistique prédictif, validé expérimentalement, a été développé avec une grande précision et permet de prédire la surfusion dans des volumes macroscopiques à partir de données de calorimétrie différentielle à balayage (Differential Scanning Calorimetry, DSC).

Ioannis Kanavos

(Chimie analytique, IPREM), sous la direction de Luisa Ronga et Ryszard Lobinski, « Molecular insights into the role of selenocysteine containing biomolecules in the mercury and cadmium detoxification in the environment by High Resolution Accurate Mass Spectrometry »

Ce travail de thèse étudie des complexes d’or(III) cyclométallés capables de réaliser des réactions de couplage chimiosélectif impliquant le sélénium en conditions biologiques. L’objectif principal est d’évaluer leur sélectivité vis-à-vis de la sélénocystéine (Sec), un acide aminé rare, par rapport à la cystéine (Cys), plus commune. Quatre complexes d’or(III) portant des ligands benzylpyridine ou phénylpyridine ont été analysés. Dans un premier temps, leur réactivité a été testée sur des molécules modèles, révélant une nette préférence pour les substrats contenant du sélénium. Des calculs théoriques ont permis de proposer un mécanisme réactionnel impliquant une élimination réductrice de l’or. Ensuite, l’étude a été étendue à des peptides contenant Sec et/ou Cys. Les résultats confirment que la sélénocystéine est le site principal de modification, démontrant une forte chimiosélectivité dans des systèmes plus proches du milieu biologique. Ces complexes se sont également montrés capables d’inhiber des enzymes de type glutathion peroxydase. Enfin, à l’échelle des protéines, notamment la GPx1, la modification ciblée de la sélénocystéine entraîne une inhibition de l’activité enzymatique, observée en contexte cellulaire. Dans l’ensemble, ce travail établit un lien entre la structure des complexes d’or(III), leur réactivité chimique et leurs effets biologiques. Il met en évidence le potentiel de ces composés pour cibler sélectivement les sélénoprotéines, ouvrant ainsi des perspectives pour le développement de nouvelles approches en chimie médicinale, notamment en oncologie

Magdalena Pereda Vivo

(Mathématiques appliquées, LMAP), sous la direction de Christian Paroissin, « A Semi-Parametric Model for Left-Censored Data with Zero Inflation, with an Application to the Environment ».

Cette thèse présente un nouveau modèle statistique destiné à l’analyse de données environnementales comportant des valeurs censurées à gauche (inférieures aux limites de détection) ou correspondant à de véritables zéros. Cette approche est appliquée à des données sur l’arsenic dans les eaux souterraines au Bangladesh, apportant un éclairage sur l’influence des facteurs environnementaux dans la variabilité et les niveaux de contamination.

Angela sanchez quintero

(Biologie, IPREM), sous la direction de Susanna Fernandes et Jean-Babtiste Beigbeder , « Innovative Production of Algae-Based Plant Biostimulants from Waste Streams for Sustainable Agriculture ».

Cette thèse explore l’utilisation de microalgues cultivées dans le digestat liquide de méthanisation sous injection de CO₂ pour produire des biostimulants végétaux (BVs) favorisant une agriculture durable. Deux souches, Tetradesmus obliquus et Chlorella vulgaris, ont été optimisées en photobioréacteurs et ont montré une forte croissance et capacité de biorémédiation. Les extraits protéiques, obtenus par méthodes enzymatiques ou ultrasoniques, ont stimulé la germination et la croissance racinaire de moutarde et de blé, avec des effets dépendant de la taille des molécules et de la souche. Les résultats démontrent le potentiel des BVs microalgaux pour améliorer la productivité et la résilience des cultures.

Zulfatun naimah

(Chimie, IPREM), sous la direction de Laurent Lanceleur et Mathilde Monperrus, « Emerging COntaminants: Distribution and REActivity in surface Microlayer ECO-DREAM ».

Ses travaux portent sur la microlame de surface (SML), souvent négligée dans le suivi de la qualité des eaux. L’étude analyse la présence, l’enrichissement et la transformation des contaminants émergents dans les effluents, milieux fluviaux et marins. Les résultats montrent un fort enrichissement des composés hydrophobes dans la SML, notamment près des rejets. La biodégradation cible surtout ces composés, tandis que les hydrophiles persistent. La photodégradation confirme le rôle clé de la SML dans le devenir des contaminants aquatiques.

Julien Khoury

(Génie civil, LFCR), sous la direction de Gilles PIJAUDIER-CABOT, « A Data-Driven Approach to the Up-Scaling of the Mechanical Response of Geomaterials ».

Cette thèse développe une méthodologie innovante pour prédire le comportement mécanique à long terme des roches, bétons et mortiers dans le cadre du stockage souterrain de gaz ou de déchets nucléaires. En combinant une modélisation mésoscopique haute fidélité et des techniques d’homogénéisation fondées sur les données, ses travaux établissent un lien entre observations mésostructurales et prédictions à l’échelle macroscopique. Cette approche répond aux défis de la mécanique de la rupture et sera validée par des techniques de changement d’échelle (coarse-graining).

Ambra D’aurelio

(Biologie, ECOBIOP), sous la direction de Françoise Daverat et Joëlle Chat, « DynamiC of intraspecific diveRsity of troUt during the ClImatic trAnsition (Pleistocene-Holocene) in the Iberian gLacial Refugia ».

La variation intraspécifique est essentielle pour la résilience des espèces face au changement climatique, mais sa dynamique à long terme dans les écosystèmes d’eau douce reste peu connue. Cette étude paléoécologique analyse comment les fluctuations climatiques passées ont influencé la diversité phénotypique et génétique de la truite commune (Salmo trutta) et ses patterns de recolonisation postglaciaire. L’analyse de vestiges archéologiques combinant protéomique, morphologie, isotopes et ADN ancien montre le maintien durable de la diversité phénotypique et des stratégies migratoires, malgré les variations génétiques. La péninsule Ibérique a servi de refuge clé, tandis que la recolonisation a impliqué l’ouest de la France et les îles Britanniques.

Neuf parcours, une même exigence scientifique

Ces neuf jeunes chercheurs laissent une empreinte forte de leur passage à l’UPPA, portée par des travaux scientifiques de grande qualité et des avancées significatives au sein de leurs laboratoires.

L’UPPA, le Centre des Études Doctorales, l’École doctorale Sciences Exactes et leurs Applications, ainsi que l’équipe de management et les partenaires du programme EDENE, leur adressent leurs plus chaleureuses félicitations et leur souhaitent une pleine réussite dans la suite de leur parcours.

Tous tiennent également à saluer l’engagement des encadrants et des laboratoires, dont l’accompagnement a été déterminant dans la réussite de ces projets de recherche.